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Risque de change : 7 règles que les DAF doivent maîtriser

Prévisions de marché, taux budgétaire, niveau de couverture, cartographie des flux et stratégies de couverture : les 7 règles essentielles pour mieux maîtriser son exposition aux devises.

Le risque de change devient rapidement un sujet financier majeur pour les entreprises qui réalisent une partie de leur activité à l’international. Encaissements clients, paiements fournisseurs, flux intragroupes, investissements ou financements en devises : une variation des taux de change peut directement affecter les marges, les coûts et la trésorerie de l’entreprise.

Pourtant, la gestion du change reste parfois abordée de manière très opérationnelle, en se concentrant sur le taux obtenu lors d’une conversion ou sur l’évolution probable d’une devise. Cette approche peut rapidement montrer ses limites lorsque les volumes augmentent et que l’exposition devient significative.

Pour un DAF qui n’est pas spécialiste du FX, l’enjeu n’est pas de devenir trader ni de prévoir où seront les marchés dans six mois. Il s’agit surtout de comprendre son exposition, identifier les flux qui peuvent se compenser, déterminer le niveau de risque acceptable et choisir les solutions permettant de sécuriser les résultats de l’entreprise.

Dans ce guide, nous revenons sur 7 règles essentielles à maîtriser avant de structurer une véritable stratégie de gestion du risque de change.

1. Ne cherchez pas à prédire où ira le taux de change


Lorsqu’une entreprise commence à structurer sa gestion du risque de change, la première question est souvent celle de l’évolution des devises : faut-il attendre avant de convertir ? L’euro va-t-il monter ou baisser face au dollar ? Où sera l’EUR/USD dans six mois ?

Ces questions peuvent alimenter les discussions avec les banques ou les spécialistes du change, mais elles ne devraient pas constituer le fondement de la stratégie de l’entreprise.

L’évolution d’une devise dépend de nombreux facteurs : politique monétaire, inflation, croissance, décisions des banques centrales, contexte géopolitique... dont l’évolution est par définition difficile à anticiper avec suffisamment de précision pour engager une stratégie financière dessus.

Il est donc préférable de construire une stratégie qui ne nécessite pas d’avoir raison sur l’évolution future du marché.

Pour le DAF, l’enjeu est avant tout de déterminer l’exposition réelle de l’entreprise, d’identifier le niveau de volatilité qu’elle peut absorber et de décider quelle part de cette exposition doit être sécurisée.

Une entreprise peut évidemment avoir une opinion sur le marché. Mais une opinion de marché et une stratégie de couverture répondent à deux objectifs différents : la première cherche à anticiper une évolution, tandis que la seconde vise à réduire l’incertitude qui pèse sur les résultats futurs.


2. Le coût du change compte, mais la volatilité peut coûter beaucoup plus cher


Lorsque les volumes en devises deviennent importants, les conditions de change méritent évidemment d’être négociées. Quelques points de base peuvent représenter plusieurs milliers d’euros sur une année et il est donc pertinent de comparer les conditions proposées par les différents prestataires.

Mais l’écart entre deux prestataires est généralement sans commune mesure avec l’impact potentiel d’une variation du marché.

Une entreprise qui facture, achète ou règle régulièrement en devises peut voir le coût de ses opérations évoluer fortement simplement parce que le taux de change a bougé. Pour une entreprise dont les marges sont déjà contraintes, cette variation peut avoir un impact bien plus important que quelques points de base négociés sur le taux de conversion.

Le sujet n’est donc pas de choisir entre optimisation du pricing et gestion du risque. Les deux doivent être traités, mais dans le bon ordre : optimiser les conditions de change permet de réduire le coût des opérations, tandis que la couverture permet de limiter l’impact d’une évolution défavorable du marché.

Avant de négocier quelques points de base supplémentaires, le DAF doit donc surtout mesurer la taille de son exposition, les devises concernées, les échéances et l’impact potentiel d’une variation des taux sur les marges et la trésorerie.


3. Un taux budgétaire permet de piloter, mais ne protège pas l’entreprise


Le taux budgétaire est un outil de gestion utile pour construire les prévisions financières de l’entreprise. Une société peut par exemple retenir un EUR/USD de 1,10 pour établir son budget annuel et calculer ses coûts, ses revenus ou ses marges prévisionnelles.

Mais ce taux reste une hypothèse. Il ne garantit en aucun cas que les opérations de change seront réalisées à ce niveau.

Si le marché évolue favorablement, l’entreprise pourra constater un écart positif par rapport à son budget. À l’inverse, une évolution défavorable de la devise peut dégrader ses marges ou ses coûts.

C’est précisément là qu’il faut distinguer pilotage budgétaire et couverture du risque de change.

Le taux budgétaire permet de mesurer et d’anticiper la performance financière. La couverture vise, elle, à réduire l’incertitude liée à l’évolution future du marché en sécurisant tout ou partie d’une exposition.

Une entreprise qui réalise systématiquement ses opérations au meilleur ou au pire moment par rapport à son taux budgétaire n’a donc pas nécessairement une bonne ou une mauvaise stratégie de change. Elle peut simplement avoir bénéficié, ou souffert, de l’évolution du marché.

Le DAF doit donc éviter de considérer un écart favorable au budget comme une performance de couverture. Si l’entreprise souhaite réellement sécuriser ses marges, cette protection doit être organisée indépendamment de la direction prise par le marché.


4. Le niveau de couverture doit être adapté à l’exposition de l’entreprise


Couvrir systématiquement 100 % de ses flux en devises n’est pas nécessairement la meilleure stratégie. Le niveau de couverture doit être déterminé en fonction de la nature et de la visibilité des flux, mais aussi de la capacité de l’entreprise à absorber une variation défavorable du marché.

Plusieurs éléments doivent notamment être pris en compte :

  • la visibilité sur les flux futurs ;
  • les devises concernées ;
  • les échéances et la durée d’exposition ;
  • la volatilité des devises ;
  • le niveau de marge de l’entreprise ;
  • l’impact potentiel d’une variation du change sur les résultats ;
  • la capacité de l’entreprise à absorber cette variation.

Une entreprise qui connaît précisément le montant et la date d’un paiement fournisseur dans six mois dispose d’une exposition relativement prévisible et peut donc envisager de sécuriser une part importante de ce flux.

À l’inverse, lorsque les montants ou les échéances sont incertains, une couverture trop importante peut réduire la flexibilité de l’entreprise.

La réflexion doit donc partir de l’exposition réelle avant de s’intéresser aux instruments de couverture. La question n’est pas seulement de savoir comment couvrir, mais surtout de déterminer quelle part du risque il est pertinent de sécuriser.


5. Commencez par cartographier vos flux en devises


Avant de réfléchir aux instruments de couverture, le DAF doit d’abord disposer d’une vision précise des flux en devises de l’entreprise. L’objectif est de comprendre quelles devises entrent et sortent, pour quels montants et à quelles échéances.

Cette cartographie doit notamment intégrer :

  • les encaissements clients en devises ;
  • les paiements fournisseurs ;
  • les salaires et charges dans des devises étrangères ;
  • les investissements et financements en devises ;
  • les flux intragroupes ;
  • les soldes de trésorerie détenus en devises.

Il est ensuite nécessaire de rapprocher ces flux par devise et par période. Cette approche permet notamment d'identifier les expositions qui peuvent naturellement se compenser.

Par exemple, une entreprise qui encaisse 2 M$ de ses clients américains et règle 1,5 M$ de fournisseurs en dollars n’est pas exposée sur 3,5 M$, mais sur une exposition nette de 500 000 $, avant prise en compte des échéances et autres flux.

Cette analyse peut donc permettre de réduire le besoin de conversion ou de couverture avant même de mettre en place une stratégie spécifique.

La gestion du risque de change commence ainsi par une bonne lecture des flux : il faut d’abord savoir ce que l’entreprise doit réellement couvrir.


6. Analysez vos flux de manière globale plutôt qu’opération par opération


Une entreprise internationale peut réaliser des dizaines, voire des centaines d’opérations en devises chaque année. Les traiter individuellement peut donner une vision fragmentée de son exposition réelle.

Le DAF doit au contraire raisonner à l’échelle de l’ensemble des flux :

  • quelles devises sont encaissées et lesquelles sont payées ?
  • quels sont les montants concernés ?
  • à quelles échéances ?
  • quels flux peuvent se compenser ?
  • quelle exposition nette reste réellement à gérer ?

Cette approche permet de mieux identifier les besoins de conversion et de couverture, mais aussi d’éviter certaines opérations de change inutiles.

Elle peut également permettre de mutualiser les besoins de change, de consolider les volumes et de disposer de davantage de poids pour négocier les conditions tarifaires avec les prestataires.

L’objectif est donc de passer d’une gestion transactionnelle du change à une véritable vision consolidée de l’exposition de l’entreprise.


7. Le spécialiste du change doit vous aider à gérer votre exposition, pas à deviner le marché


Le rôle d’un spécialiste du change ne devrait pas être de vous donner une prévision sur l’évolution future d’une devise, mais de vous aider à comprendre et à gérer l’exposition de votre entreprise.

La discussion doit donc partir des réalités financières de l’entreprise : ses devises, ses volumes, ses échéances, ses marges et la visibilité dont elle dispose sur ses flux.

À partir de cette analyse, le spécialiste peut notamment aider à :

  • déterminer un niveau de couverture cohérent ;
  • choisir les instruments adaptés ;
  • définir une stratégie de couverture dans le temps.

Selon la situation, différentes solutions peuvent être envisagées : contrats à terme, couvertures dynamiques, stratégies de couverture progressives...

L’objectif n’est pas de chercher à anticiper parfaitement le marché. Il s’agit de réduire la dépendance des résultats de l’entreprise à des fluctuations de marché qu’elle ne maîtrise pas.


Devyzz : un accompagnement expert pour gérer votre risque de change


La gestion du risque de change ne se résume pas à choisir un taux de conversion budgétaire ou à décider quand acheter ses devises. Pour une entreprise exposée à l’international, l’enjeu est d’abord de comprendre ses flux, mesurer son exposition et mettre en place une stratégie adaptée à ses contraintes financières.

Devyzz intervient sur l’ensemble de cette chaîne : optimisation des conditions de change, analyse et gestion du risque de change, mise en place de stratégies de couverture et exécution des paiements internationaux. L’objectif est de permettre aux entreprises de bénéficier de conditions compétitives tout en disposant des outils nécessaires pour mieux maîtriser leur exposition aux devises.

Avec plus de 10 ans d’expertise sur les marchés des devises, Devyzz combine expertise du change, technologie et infrastructure de paiements internationaux. Les entreprises peuvent ainsi centraliser leurs opérations de change et leurs paiements auprès d’un même spécialiste, avec un accompagnement humain dédié.

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Cet article a été rédigé par un expert Devyzz, avec plus de 10 ans d’expérience sur les marchés des devises. Devyzz est une FinTech spécialisée dans les paiements internationaux et la gestion du risque de change pour les PME et ETI.

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