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Paiement international : pourquoi le montant reçu est-il inférieur au montant envoyé ?

Frais bancaires, banques intermédiaires, conversion de devises : découvrez pourquoi le montant reçu peut être inférieur à celui envoyé et comment maîtriser le coût réel de vos paiements internationaux.

Vous envoyez un paiement international d’un montant précis, mais votre bénéficiaire reçoit finalement moins que ce que vous avez envoyé ? Cette situation peut être surprenante, mais elle ne signifie pas nécessairement qu’une erreur s’est produite.

Lors d’un paiement international, plusieurs intervenants peuvent intervenir entre l’émetteur et le bénéficiaire. Des frais peuvent être prélevés par la banque émettrice, une ou plusieurs banques intermédiaires ou encore la banque du bénéficiaire.

Un écart peut également apparaître lorsque le paiement implique une conversion de devise. Dans ce cas, le taux de change et la marge appliquée sur le change peuvent également modifier le montant finalement reçu.

Comprendre ces différents mécanismes permet de mieux anticiper le coût réel d’un paiement international et surtout d’éviter les mauvaises surprises, notamment lorsque les montants transférés sont importants.

Les différents types de frais qui peuvent être prélevés pendant le transfert


Le montant que vous envoyez n’est pas nécessairement le montant qui sera crédité sur le compte du bénéficiaire.

Sur un paiement international, plusieurs catégories de frais peuvent intervenir :

  • les frais appliqués par votre banque ou prestataire ;
  • les frais d’une banque intermédiaire ;
  • les frais de la banque du bénéficiaire ;
  • les éventuels frais liés à la conversion de devise.

Le montant débité de votre compte, le montant effectivement envoyé dans le réseau de paiement et le montant finalement crédité au bénéficiaire peuvent donc être différents.


Les frais de banques intermédiaires


Lorsqu’un paiement international, notamment via SWIFT, ne peut pas aller directement de la banque de l’émetteur à celle du bénéficiaire, une ou plusieurs banques intermédiaires peuvent intervenir pour acheminer les fonds.

Ces établissements peuvent prélever leurs propres frais directement sur le montant transféré. Il s’agit généralement de quelques dizaines d’euros par intermédiaire, mais les frais peuvent être plus élevés selon la devise, le pays et le circuit utilisé. Si plusieurs banques interviennent, l’écart peut donc rapidement s’accumuler.


Comment éviter les frais de banques intermédiaires ?


Lors d’un virement international SWIFT, les modalités de prise en charge des frais peuvent généralement être sélectionnées au moment de l’émission avec votre banque ou votre prestataire. Elles permettent d’anticiper qui supportera les frais susceptibles d’être prélevés au cours du circuit du paiement :

  • OUR : l’émetteur prend en charge les frais du paiement ;
  • SHA : les frais sont partagés entre l’émetteur et le bénéficiaire ;
  • BEN : les frais sont déduits du montant reçu par le bénéficiaire.

Si vous souhaitez que votre bénéficiaire reçoive le montant prévu dans son intégralité, l’option OUR est généralement à privilégier. Elle permet de prendre en charge les frais de banques intermédiaires liés au transfert plutôt que de les faire supporter au bénéficiaire.

Les frais de votre banque et de la banque du bénéficiaire


Un paiement international peut également générer des frais au niveau de la banque de l’émetteur et de celle du bénéficiaire. Ces frais sont distincts de ceux éventuellement prélevés par les banques intermédiaires.


Votre banque ou prestataire peut facturer des frais pour l’émission du paiement international : frais fixes, frais SWIFT, frais de traitement ou encore frais liés à certaines devises.

Ces frais sont généralement connus ou au moins encadrés par la tarification du prestataire, ce qui permet plus facilement de les identifier avant l’opération.

La situation est différente pour les frais appliqués par la banque du bénéficiaire. Vous n’avez généralement pas la main sur sa politique tarifaire, puisque vous n’êtes pas son client.

La banque réceptrice peut ainsi appliquer des frais pour recevoir ou traiter un paiement international, selon la devise, le pays, le type de compte ou les conditions commerciales du bénéficiaire.

Ces frais peuvent être déduits directement du montant crédité sur le compte du bénéficiaire, notamment lorsque les modalités de prise en charge des frais le permettent.

C’est donc un point important à garder en tête : même si vous maîtrisez parfaitement les frais facturés par votre propre banque, voire ceux facturés par les banques intermédiaires, vous ne pouvez pas nécessairement connaître ou négocier ceux de la banque située à l’autre bout du paiement.

Lorsqu’un montant inférieur à celui envoyé est finalement crédité, il n’est pas toujours évident d’identifier quelle banque a prélevé les frais. Pour les paiements internationaux, notamment via SWIFT, votre banque peut toutefois fournir un message SWIFT MT103, qui contient les principales informations relatives à l’acheminement du paiement et aux frais associés. Il permet notamment d’identifier les différents intervenants et les modalités de frais du transfert.

Pour aller plus loin, le SWIFT GPI permet de suivre plus précisément le parcours d’un paiement international et, selon les informations disponibles, de visualiser les différentes étapes de son acheminement ainsi que les éventuelles déductions de frais. Cela peut aider à déterminer si l’écart provient d’une banque intermédiaire ou de la banque du bénéficiaire.

Pour un paiement important, il est donc essentiel de distinguer les frais que vous pouvez maîtriser de ceux qui dépendent des autres intervenants du paiement. 

En cas de litige avec votre bénéficiaire, les documents SWIFT, notamment le MT103 et, lorsque disponible, le suivi SWIFT GPI, peuvent également permettre de retracer le paiement et de justifier les frais que vous avez bien pris en charge au moment de son émission.


Les frais liés à une conversion de devises


Lorsqu’un paiement international est envoyé dans une devise différente de celle du compte du bénéficiaire, une conversion de devise peut être nécessaire au moment du crédit.

Par exemple, si vous envoyez des EUR vers un compte bancaire en USD, la banque réceptrice devra convertir les euros en dollars avant de créditer le compte. Elle prendra généralement comme référence le taux de change interbancaire, auquel elle appliquera sa propre marge de change. Des frais de conversion peuvent également être ajoutés. Sur ce type d’opération, les marges peuvent être particulièrement élevées, souvent de l’ordre de 2 à 3 %, selon les banques et les devises impliquées.

Le problème est que ces conditions sont souvent difficiles à maîtriser pour le bénéficiaire. Il ne choisit pas nécessairement le taux auquel la conversion sera effectuée, ne donne pas son aval avant la conversion et ne connaît pas précisément le moment auquel celle-ci aura lieu. Si les fonds sont automatiquement convertis lors de leur réception, l’opération peut donc être réalisée selon les conditions appliquées par la banque au moment du crédit.


Imaginons qu’une entreprise envoie 100 000 € vers un compte bancaire en USD et que le taux EUR/USD interbancaire soit de 1,15.

Au taux de marché, le bénéficiaire devrait théoriquement recevoir :

100 000 € × 1,15 = 115 000 USD

Mais si la banque applique une marge de change de 2 %, le taux effectivement utilisé peut être ramené à environ 1,127.

Le bénéficiaire reçoit alors :

100 000 € × 1,127 = 112 700 USD

L’écart atteint donc 2 300 USD, uniquement en raison de la marge de change appliquée par la banque.

Et si des frais de conversion sont également facturés, le montant net reçu sera encore inférieur.

L’objectif est d’éviter de laisser la banque du bénéficiaire effectuer automatiquement la conversion selon ses propres conditions.

Première possibilité : effectuer la conversion du côté de l’émetteur.

Plutôt que d’envoyer 100 000 € vers un compte USD, l’émetteur peut convertir lui-même les EUR en USD dans des conditions de change qu’il aura pu comparer et négocier, puis envoyer directement les USD vers le compte USD du bénéficiaire.

Le bénéficiaire reçoit alors directement la devise dont il a besoin, sans conversion automatique à la réception.

Deuxième possibilité : utiliser un compte dans la devise envoyée.

Si le bénéficiaire dispose, dans notre exemple, d’un compte en EUR, l’émetteur peut envoyer les 100 000 € directement sur ce compte. Le bénéficiaire pourra ensuite convertir lui-même ses EUR en USD, au moment qu’il choisit et avec le prestataire de son choix.

Cette solution permet donc de reprendre le contrôle non seulement du coût de conversion, mais aussi de son timing.

Dans les deux cas, l’objectif est de ne pas subir une conversion automatique au moment du crédit, lorsque le bénéficiaire n’a ni choisi le taux appliqué ni réellement la possibilité de négocier les conditions de l’opération.


Comment éviter que le bénéficiaire reçoive un montant inférieur à celui envoyé ?


Plusieurs réflexes permettent de réduire le risque que le bénéficiaire reçoive moins que prévu :

  1. vérifier, lors de l’émission du paiement, les modalités de prise en charge des frais (OUR, SHA ou BEN) ;
  2. identifier, lorsque cela est possible, si une ou plusieurs banques intermédiaires sont susceptibles d’intervenir ;
  3. éviter les conversions de change non maîtrisées, notamment lorsqu’elles sont réalisées automatiquement par la banque du bénéficiaire ; privilégier, lorsque cela est possible, une conversion effectuée en amont par l’émetteur ou directement par le bénéficiaire dans des conditions de change qu’il peut contrôler ;
  4. ne pas se fier uniquement à la brochure tarifaire ou aux frais affichés par votre banque : ils ne permettent pas nécessairement de connaître l’ensemble des coûts qui seront supportés au cours du paiement.


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FAQ : montant reçu inférieur au montant envoyé


Plusieurs raisons peuvent expliquer cet écart : des frais prélevés par une banque intermédiaire ou par la banque du bénéficiaire, ou encore une conversion de devise avec une marge de change. Le montant débité sur le compte de l’émetteur et le montant finalement crédité au bénéficiaire peuvent donc être différents.

Cela dépend notamment des modalités de frais choisies lors de l’émission du paiement. Avec OUR, l’émetteur prend en charge les frais ; avec SHA, ils sont partagés entre l’émetteur et le bénéficiaire ; avec BEN, ils sont déduits du montant reçu par le bénéficiaire. Des frais peuvent également être appliqués par les banques intervenant dans le circuit du paiement.

Pas toujours. Lorsque plusieurs banques interviennent dans le paiement, notamment sur certains virements SWIFT, les frais appliqués par les banques intermédiaires ou par la banque du bénéficiaire peuvent être difficiles à connaître précisément avant l’exécution. L’option OUR permet de limiter le risque que les frais soient déduits du montant destiné au bénéficiaire, mais elle ne garantit pas nécessairement de connaître à l’avance le coût total au centime près.

Il est préférable d’éviter les conversions automatiques et non maîtrisées, notamment lorsque la banque du bénéficiaire convertit les fonds au moment de leur crédit. Lorsque cela est possible, l’émetteur peut effectuer lui-même la conversion avant d’envoyer la devise attendue par le bénéficiaire, ou le bénéficiaire peut recevoir les fonds dans la devise d’origine puis effectuer lui-même la conversion dans des conditions qu’il peut comparer et maîtriser.




Cet article a été rédigé par un expert Devyzz, fort de plus de 10 ans d'expérience sur les marchés des devises. Devyzz est une FinTech spécialisée dans les paiements internationaux et la gestion du risque de change pour les PME, ETI et investisseurs particuliers.

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