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Comment encaisser un paiement de Suisse sur un compte français ?

CHF ou EUR, frais, délais, virements SEPA et SWIFT : découvrez comment recevoir vos paiements suisses en France et optimiser le coût de vos encaissements.

Recevoir un paiement de Suisse sur un compte français peut sembler simple, mais la devise dans laquelle votre client vous paie peut avoir un impact important sur le coût, le délai et la gestion de votre encaissement.

Une entreprise française peut être réglée en euros ou en francs suisses. Si elle reçoit des CHF sur un compte en EUR, les fonds devront généralement être convertis, avec un taux de change et des frais qui peuvent être particulièrement coûteux. À l’inverse, disposer d’un compte en CHF permet de recevoir les fonds dans leur devise d’origine et de choisir ultérieurement quand et dans quelles conditions les convertir.

Dans ce guide, nous expliquons comment recevoir un paiement de Suisse en France, les différences entre un paiement en EUR et en CHF, les frais et délais à prévoir, ainsi que les solutions permettant aux entreprises de mieux maîtriser leurs encaissements et leur risque de change.

Recevoir un paiement de Suisse en France : quelles sont les options ?


Une entreprise française qui facture un client suisse dispose principalement de trois possibilités, selon la devise dans laquelle elle choisit d’être réglée et le type de compte dont elle dispose :


L’entreprise facture son client suisse en EUR et reçoit directement les fonds sur son compte bancaire français en euros.

C’est la solution la plus simple pour l’entreprise : aucune conversion n’est nécessaire à la réception et le montant reçu correspond directement à celui prévu sur la facture.

En revanche, le client suisse doit convertir ses CHF en EUR avant d’effectuer le paiement. Le coût et les conditions de cette conversion sont donc à sa charge.

Le client peut alors régler la facture en francs suisses, mais les CHF devront être convertis en euros pour être crédités sur le compte de l’entreprise. Cette conversion est généralement effectuée automatiquement par la banque au moment du crédit.

Cette solution peut être particulièrement coûteuse pour l’entreprise : les banques appliquent souvent une marge commerciale élevée sur le taux de change lors de ces conversions automatiques, à laquelle peuvent s’ajouter des frais de réception ou de traitement du paiement. L’entreprise peut donc perdre une part significative du montant encaissé sans avoir réellement choisi ses conditions de change.

C’est donc une solution qui permet au client suisse de payer dans sa devise, mais qui laisse à l’entreprise peu de contrôle sur le coût, le taux et le moment de la conversion. Pour des encaissements réguliers ou importants en CHF, disposer d’un compte permettant de recevoir directement les francs suisses peut être nettement plus intéressant.

L’entreprise facture son client en CHF et dispose d’un compte en CHF ouvert en France.

Elle peut alors recevoir les fonds directement en francs suisses, sans conversion automatique en euros à l’encaissement. Elle conserve ainsi la possibilité de choisir ultérieurement quand et dans quelles conditions convertir ses CHF en EUR.

Cette solution peut être particulièrement intéressante pour une entreprise qui reçoit régulièrement des paiements de Suisse ou des montants importants en CHF.


Combien coûte l’encaissement d’un paiement en CHF sur un compte français ?


Le coût dépend surtout de la manière dont les CHF sont crédités sur le compte de l’entreprise. La différence est importante entre un compte français en EUR et un compte français en CHF.


L’entreprise reçoit un paiement en CHF alors que son compte ne permet de détenir que des euros. Les CHF doivent donc être convertis en EUR avant que les fonds puissent être crédités sur le compte.

Le coût de l’opération peut alors comprendre plusieurs éléments :

  • des frais de réception ou de traitement du paiement, selon la banque ;
  • d’éventuels frais prélevés par des banques intermédiaires lorsque le paiement passe par un circuit international ;
  • et surtout, le coût de la conversion CHF/EUR.

C’est généralement le coût du change qui fait la différence. Lorsque la banque convertit automatiquement les CHF en euros, elle applique son propre taux de change, qui intègre généralement une marge de change : l’écart entre le taux de référence du marché et le taux effectivement appliqué à l’entreprise.

Cette marge peut être particulièrement élevée sur les conversions automatiques à la réception, parfois davantage que lors d’une opération de change négociée à l’envoi.

L’entreprise peut ainsi avoir l’impression de ne payer que quelques euros de frais de réception, alors que le véritable coût de l’opération se trouve dans le taux auquel ses CHF sont convertis en euros.

L’entreprise dispose cette fois d’un compte en CHF ouvert en France et son client suisse règle la facture directement en francs suisses.

Les fonds peuvent alors être crédités dans leur devise d’origine, sans conversion automatique en euros. C’est précisément l'un des principaux intérêts d'un compte en devises : lorsque le compte permet de conserver la devise reçue, le change n'est effectué que lorsque l'entreprise le décide.

Le coût de l’encaissement et celui du change sont ainsi beaucoup plus faciles à dissocier :

  • le paiement peut éventuellement entraîner des frais de réception, selon les conditions du compte ;
  • les CHF restent disponibles sur le compte ;
  • aucune conversion CHF/EUR n'est nécessaire au moment de l'encaissement ;
  • l’entreprise peut ensuite choisir le moment auquel elle souhaite convertir ses CHF et comparer les conditions de change proposées.

Cela ne signifie pas nécessairement que l’encaissement est gratuit. L’intérêt est surtout de ne pas subir automatiquement le coût du change au moment où les fonds arrivent.

L’entreprise peut ainsi décider de convertir ses CHF lorsque les conditions lui conviennent, de les utiliser pour régler elle-même certaines dépenses en CHF ou de les intégrer à une stratégie de gestion du risque de change.


Comment ouvrir un compte CHF en France ?


Une entreprise française peut ouvrir un compte en devises en francs suisses (CHF) auprès d’un établissement situé en France. Il ne s’agit donc pas nécessairement d’ouvrir un compte bancaire en Suisse : certains établissements français proposent directement des comptes libellés dans des devises étrangères aux entreprises ayant des besoins internationaux.

La première option consiste à demander à sa banque habituelle si elle propose des comptes en CHF. C’est souvent la solution la plus simple, mais les conditions peuvent être moins compétitives et l’accompagnement sur le change parfois plus limité.

L’entreprise peut également se tourner vers une solution spécialisée dans les paiements internationaux et le change. Ces prestataires sont généralement davantage spécialisés dans les flux en devises et peuvent proposer des conditions plus compétitives, notamment sur les opérations de change.

Dans les deux cas, la démarche reste relativement simple : il suffit de choisir un établissement proposant l’ouverture d’un compte en CHF et d’effectuer une demande de compte professionnel. L’établissement réalise ensuite ses vérifications KYC/KYB et demande les principaux documents permettant de vérifier l’entreprise, ses dirigeants et son activité.

Une fois le compte ouvert, l’entreprise peut recevoir et conserver ses CHF en France, puis les convertir en EUR lorsqu’elle le souhaite.


Combien coûte un compte CHF en France ?​


Le coût d’un compte en CHF ne se limite pas aux éventuels frais de tenue de compte. Pour une entreprise qui reçoit régulièrement des paiements en francs suisses, le coût réel dépend surtout de l’ensemble des frais liés aux encaissements, aux paiements et aux conversions de devises.


Certaines banques facturent des frais pour l’ouverture ou la tenue d’un compte en devises ; parfois sous forme d'abonnement. Ils peuvent être mensuels ou annuels et varier selon l’établissement et l’offre professionnelle.

Ils restent toutefois généralement secondaires par rapport au coût du change lorsque les volumes en CHF sont importants.

L’établissement peut appliquer des frais lorsqu’un paiement en CHF est reçu sur le compte. Il faut notamment vérifier s’il s’agit d’un montant fixe par opération ou d'un pourcentage du montant reçu.

Si l’entreprise utilise son solde en CHF pour payer un fournisseur, des frais peuvent également s’appliquer à l’émission du paiement.

Selon le circuit utilisé, le pays du bénéficiaire et le type de paiement, ces frais peuvent varier fortement.

C’est souvent le principal coût à surveiller, et intervient lorsque l’entreprise convertit ses CHF en EUR.

La marge de change correspond à l’écart entre le taux de change de référence du marché et le taux effectivement proposé par le prestataire. Par exemple, si le taux de marché est de 1 CHF = 1,08 EUR mais que votre banque vous applique un taux de 1 CHF = 1,06 EUR, la différence de 0,02 EUR par CHF constitue une partie de sa rémunération sur l’opération.

Cette marge n’est pas toujours présentée comme des « frais » : elle est directement intégrée dans le taux auquel vos CHF sont convertis.

Pour comparer deux solutions, il faut donc regarder combien d’euros vous obtenez réellement pour vos CHF, et pas uniquement les frais affichés. Plus les montants convertis sont importants, plus une faible différence de taux peut avoir un impact significatif sur le coût total.

Certains prestataires appliquent, en plus de la marge intégrée dans le taux de change, des frais ou une commission de change explicitement facturés lors de la conversion des CHF en EUR.

Ils peuvent prendre différentes formes : un montant fixe par opération, un pourcentage du montant converti ou une combinaison des deux. Il est donc important de vérifier les conditions tarifaires applicables avant de comparer les offres.


Faut-il demander à son client suisse de payer en CHF ou en EUR ?


Pour une entreprise française qui facture des clients suisses, le choix entre CHF et EUR doit être analysé selon trois critères principaux : la simplicité pour le client, le coût du paiement et de la conversion, ainsi que le risque de change.


Pour un paiement ponctuel, facturer en EUR reste généralement la solution la plus simple pour l’entreprise. Elle reçoit directement des euros sur son compte habituel et n’a pas à gérer de devise étrangère.

En revanche, c’est le client suisse qui doit convertir ses CHF en EUR avant de payer. Cela ajoute une étape et peut représenter une contrainte, notamment pour un client qui travaille principalement en francs suisses.

Facturer en CHF est donc généralement plus simple pour le client : il paie directement dans sa devise, sans avoir à effectuer lui-même une conversion.

Pour l’entreprise, cela nécessite en revanche de disposer d’un compte capable de recevoir et conserver les CHF. Mais cette ouverture de compte est un processus ponctuel : une fois le compte CHF mis en place, l’entreprise peut l’utiliser pour tous ses futurs encaissements en francs suisses.

En facturant en EUR, le client suisse doit supporter le coût de sa conversion CHF/EUR pour pouvoir régler la facture. Selon sa banque ou son prestataire, cette conversion peut être réalisée à un taux peu compétitif et générer des frais. Ces coûts finissent généralement par se répercuter sur l’entreprise : soit le client les intègre dans ses négociations tarifaires, soit ils rendent l’offre de l’entreprise moins compétitive.

En facturant en CHF, le client n’a plus besoin de convertir ses fonds pour régler la facture. Le coût du change est alors supporté par l’entreprise lorsqu’elle convertit ses CHF en EUR. Ce n’est pas nécessairement un problème : l’essentiel est de pouvoir maîtriser et optimiser ce coût.

C’est justement l’un des principaux intérêts de cette solution. L’entreprise peut choisir son prestataire de change, négocier ses conditions en fonction de ses volumes et décider du moment de la conversion, plutôt que de laisser son client ou sa banque effectuer l’opération dans des conditions qu’elle ne maîtrise pas.

De manière générale, une entreprise a intérêt à conserver la maîtrise de son change plutôt qu’à laisser cette marge à son client ou à sa banque. Sans optimisation, le coût cumulé du change et des frais bancaires peut facilement représenter plusieurs points de pourcentage sur certaines opérations. À l’échelle d’une entreprise qui réalise régulièrement des encaissements en devises, cela représente directement un manque à gagner sur les marges ou un handicap en matière de compétitivité.

Le risque de change correspond au risque de voir la valeur d’un montant évoluer en raison des fluctuations du taux de change entre deux devises. C’est donc également un élément déterminant dans le choix entre CHF et EUR.

Lorsque l’entreprise facture en EUR, elle ne supporte pas directement le risque de change sur le montant facturé : elle sait combien d’euros elle doit recevoir. C’est le client suisse qui doit gérer la conversion de ses CHF en EUR et qui supporte donc l’évolution du taux de change.

Lorsqu’elle facture en CHF, l’entreprise prend en revanche une exposition au CHF. Si le franc suisse baisse entre la facturation et la conversion en euros, la valeur de son encaissement en EUR diminue et sa marge peut être affectée.

Cette exposition n’est toutefois pas nécessairement un problème. L’entreprise peut décider de convertir rapidement ses CHF, de les conserver temporairement ou de mettre en place une couverture de change lorsque les montants et les échéances le justifient.


Combien de temps faut-il pour recevoir un paiement de Suisse ?


Le délai dépend principalement de la devise du paiement et du type de virement utilisé.


Bien que n'étant pas membre de la zone Euro, la Suisse fait partie de la zone SEPA, au même titre que la France. Un client suisse peut donc généralement effectuer un virement SEPA en euros vers le compte bancaire français de l’entreprise.

Pour un virement SEPA classique, le délai d’exécution est généralement de 1 jour ouvré bancaire. Les virements SEPA instantanés peuvent, lorsqu'ils sont disponibles auprès des établissements concernés, être crédités en quelques secondes.

Un paiement en CHF vers un compte français ne peut pas être effectué en SEPA, qui ne concerne que les paiements en EUR. Il passe donc généralement par un circuit de paiement international (généralement virement SWIFT).

Il faut généralement compter 1 à 5 jours ouvrés pour qu’un paiement international en CHF soit crédité sur le compte du bénéficiaire, selon les banques et le circuit utilisé.

Le délai peut notamment être allongé par :

  • les heures limites de traitement des banques ;
  • les jours fériés en Suisse ou en France ;
  • les contrôles de conformité ;
  • l’intervention de banques intermédiaires ;
  • ou une éventuelle conversion de devise.


Les 5 actions pour optimiser ses encaissements en CHF en tant qu’entreprise française


Lorsqu’une entreprise française reçoit régulièrement des paiements de clients suisses, quelques bonnes pratiques permettent de réduire les coûts, de mieux maîtriser le change et de simplifier les encaissements.


La première étape consiste à pouvoir recevoir et conserver les CHF sans conversion automatique en EUR.

Pour un paiement ponctuel, recevoir les fonds sur son compte EUR peut rester la solution la plus simple. Mais lorsque les encaissements deviennent réguliers, disposer d’un compte CHF permet de reprendre le contrôle du moment et des conditions de conversion.

L’ouverture du compte constitue un processus ponctuel qui peut ensuite être utilisé pour l’ensemble des futurs encaissements en CHF.

Il ne faut pas se limiter aux frais de réception affichés par la banque. Le principal coût peut se trouver dans la marge appliquée sur le taux de change CHF/EUR.

Il est donc essentiel de comparer le montant net obtenu après conversion et les conditions réellement proposées par les différents prestataires.

Sur des volumes importants, quelques dixièmes de pourcentage peuvent représenter plusieurs milliers d’euros.

Plus les volumes encaissés en CHF sont importants, plus il est pertinent de négocier ses conditions de change.

Une entreprise qui convertit régulièrement plusieurs centaines de milliers de CHF peut notamment comparer les taux proposés, challenger les conditions de sa banque et mettre en concurrence plusieurs prestataires spécialisés dans le change.

Recevoir des CHF ne signifie pas nécessairement qu’il faut les convertir immédiatement en EUR.

Si l’entreprise a elle-même des dépenses ou des paiements en CHF, elle peut utiliser directement les fonds reçus pour régler ces dépenses. Cela évite de convertir les CHF en EUR pour ensuite racheter des CHF quelques jours ou semaines plus tard.

Cette logique permet de réduire les opérations de change inutiles et donc les coûts associés.

Lorsque les encaissements en CHF deviennent significatifs, le sujet ne se limite plus au coût du paiement : il faut également gérer le risque de change.

L’entreprise doit notamment déterminer quand convertir ses CHF, quelle exposition elle souhaite conserver et si une couverture de change est pertinente compte tenu de ses montants et de ses échéances.

L’objectif n’est pas de spéculer sur l’évolution du CHF, mais de cadrer et maîtriser l’impact des fluctuations de change sur la trésorerie et les marges de l’entreprise.


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FAQ : recevoir un paiement de Suisse en France


Si l’entreprise reçoit un paiement en CHF sur un compte qui ne permet de détenir que des euros, les francs suisses doivent généralement être convertis en EUR pour que le compte soit crédité.

La banque peut alors effectuer automatiquement la conversion et appliquer son propre taux de change ainsi que ses éventuels frais. L’entreprise ne choisit donc généralement ni le moment de la conversion ni les conditions appliquées.

Cette situation peut être particulièrement coûteuse lorsque les montants sont importants, car la marge de change appliquée par la banque peut représenter un coût bien supérieur à un virement sortant en devises.

Oui. Une entreprise française peut disposer d’un compte en CHF ouvert en France et recevoir directement des paiements en francs suisses. Il n’est donc pas nécessaire d’ouvrir un compte bancaire en Suisse pour recevoir des CHF. Le compte peut être proposé par une banque française ou par un prestataire spécialisé dans les paiements internationaux et le change.

Si le compte permet de conserver les CHF, l’entreprise peut choisir de convertir ses francs suisses ultérieurement. Elle peut également utiliser directement les CHF pour régler certaines dépenses dans la même devise. 

Le choix du moment de conversion dépend notamment des besoins de trésorerie, des flux futurs en CHF et de la stratégie de gestion du risque de change.




Cet article a été rédigé par un expert Devyzz, avec plus de 10 ans d’expérience sur les marchés des devises. Devyzz est une FinTech spécialisée dans les paiements internationaux et la gestion du risque de change pour les PME et ETI.

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