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Compte en devises : guide complet pour les entreprises

Fonctionnement, ouverture, coûts, coordonnées bancaires locales, encaissements, paiements et gestion du risque de change : tout savoir avant d’ouvrir un compte en devises.

Un compte en devises permet à une entreprise de recevoir, détenir et effectuer des paiements dans une devise étrangère sans convertir systématiquement les fonds en euros. Il peut notamment être utilisé pour gérer des encaissements clients, des paiements fournisseurs ou une trésorerie en devises.

Mais un compte en devises ne se résume pas à un simple solde en USD, GBP ou CHF. La devise détenue et le pays auquel sont rattachées les coordonnées bancaires sont deux éléments distincts : une entreprise française peut par exemple détenir des USD sur un compte avec un IBAN français, ou disposer de coordonnées bancaires britanniques pour recevoir des GBP localement.

Le choix de la solution peut également avoir un impact important sur le coût des conversions, la rapidité des encaissements, les frais de paiement et la gestion du risque de change.

Dans ce guide, nous vous expliquons tout ce qu’une entreprise doit savoir avant d’ouvrir un compte en devises : fonctionnement, utilité, entreprises concernées, documents nécessaires, coûts, coordonnées bancaires locales, sécurité, gestion du risque de change et comparaison des différentes solutions disponibles.

Compte en devises : de quoi s'agit-il exactement ?


Un compte en devises est un compte permettant de détenir des fonds dans une devise étrangère, sans les convertir immédiatement dans sa devise de référence.

Par exemple, une entreprise française peut détenir des USD sur un compte ouvert en France. Le compte peut alors être rattaché à un établissement français et disposer d’un IBAN français (FR), tout en permettant de détenir et de gérer des dollars. On peut ainsi avoir, de manière parfaitement cohérente, un compte en USD avec un IBAN FR.

C’est un point important à comprendre : la devise du compte et le pays de ses coordonnées bancaires sont deux choses différentes. Un compte en devises n’est donc pas nécessairement un compte bancaire ouvert dans le pays de la devise concernée.

Selon la solution proposée, une entreprise peut également disposer de coordonnées bancaires locales dans la devise concernée. Par exemple, une entreprise française peut avoir un compte en GBP avec des coordonnées bancaires britanniques et un IBAN GB. Elle peut alors recevoir et effectuer des paiements en livres sterling avec des coordonnées rattachées au Royaume-Uni.


À quoi sert un compte en devises pour une entreprise ?


Un compte en devises permet à une entreprise de gérer directement ses flux dans une devise étrangère, sans devoir convertir systématiquement les fonds en euros à chaque opération. Il lui permet ainsi de mieux maîtriser et optimiser ses flux en devises, tant sur les encaissements que sur les paiements et la gestion de sa trésorerie.

Son intérêt dépend principalement de la manière dont l’entreprise facture, encaisse, règle ses fournisseurs et gère son exposition aux devises.


Une entreprise qui facture des clients à l’étranger peut recevoir directement les fonds dans la devise convenue avec eux.

Par exemple, une entreprise française qui facture régulièrement ses clients américains en USD peut recevoir leurs règlements directement en dollars sur son compte en devises.

Sans compte en USD, les fonds auraient généralement été versés sur son compte en EUR puis automatiquement convertis par la banque, avec un taux de change et des conditions tarifaires qui peuvent être peu favorables.

Disposer d’un compte en devises permet donc de recevoir des paiements en devises étrangères sans conversion automatique à l’encaissement, et de garder la maîtrise du moment et des conditions de leur conversion.

Le compte en devises peut également être utilisé pour régler des fournisseurs étrangers directement dans leur devise.

Une entreprise française qui achète régulièrement auprès de fournisseurs britanniques, américains ou chinois peut ainsi conserver des GBP, USD ou CNY et utiliser ces devises pour effectuer ses paiements.

Elle évite alors de devoir convertir ses euros en devise étrangère à chaque paiement, ce qui peut simplifier la gestion des flux et permettre de mieux organiser ses opérations de change.

Un compte en devises permet également de dissocier le moment où l’entreprise reçoit ou achète une devise du moment où elle la convertit.

Une entreprise qui reçoit 500 000 USD n’est par exemple pas nécessairement obligée de les convertir immédiatement en EUR. Elle peut conserver ses dollars et les utiliser ultérieurement pour payer un fournisseur américain, ou choisir de les convertir à un moment déterminé selon ses besoins de trésorerie et sa stratégie de change.

Le compte en devises apporte ainsi davantage de souplesse dans la gestion du timing des conversions.

Pour une entreprise qui travaille avec plusieurs pays, un compte en devises peut également permettre de centraliser et de mieux suivre ses soldes dans différentes monnaies.

Une entreprise peut par exemple disposer de soldes en EUR, USD, GBP et CNY et suivre séparément ses encaissements, ses paiements et sa trésorerie dans chaque devise.

Cela peut être particulièrement utile pour les PME-ETI internationales, les entreprises importatrices et exportatrices ou les sociétés qui disposent de filiales et de fournisseurs dans plusieurs pays.

Enfin, un compte en devises peut s’intégrer dans une véritable stratégie de gestion du risque de change.

Détenir une devise permet notamment de conserver les fonds jusqu'au moment où ils seront utilisés, mais aussi de les combiner avec des solutions de couverture lorsque l’entreprise souhaite sécuriser un taux de change futur.

Il faut toutefois garder à l’esprit qu’un compte en devises ne supprime pas le risque de change : tant que les fonds restent libellés dans une devise étrangère, leur valeur en euros peut évoluer avec le marché.


Quelles entreprises ont intérêt à ouvrir un compte en devises ?


Un compte en devises n’est pas nécessaire pour toutes les entreprises. Son intérêt dépend surtout de la fréquence, du montant et de la structure des flux en devises. Plus une entreprise encaisse ou paie régulièrement dans une devise étrangère, plus elle peut avoir intérêt à gérer directement cette devise.


Les entreprises qui facturent des clients à l’étranger peuvent avoir intérêt à recevoir directement leurs paiements dans la devise de facturation.

C’est notamment le cas des exportateurs, entreprises de services, éditeurs SaaS, marketplaces ou agences qui encaissent régulièrement des USD, GBP, CHF ou autres devises.

Le compte en devises leur permet notamment d’éviter une conversion automatique à chaque encaissement et de mieux maîtriser leurs conditions de change.

Les importateurs, distributeurs et entreprises industrielles peuvent également avoir intérêt à disposer de comptes dans les devises utilisées pour leurs achats.

Une entreprise qui règle régulièrement ses fournisseurs en USD, GBP ou CNY peut ainsi organiser ses paiements en devises plus efficacement et éviter de convertir ses euros au moment de chaque opération.

Plus les montants deviennent significatifs, plus quelques dixièmes de pourcentage sur le change peuvent représenter des sommes importantes.

Pour une entreprise qui réalise plusieurs centaines de milliers ou plusieurs millions d’euros de flux en devises chaque année, disposer d’un compte en devises peut donc s’inscrire dans une démarche plus globale d’optimisation des paiements et de gestion de trésorerie.

Le compte en devises est particulièrement pertinent lorsque l’entreprise encaisse et paie dans la même devise.

Par exemple, une entreprise française peut recevoir des USD de ses clients américains puis utiliser une partie de ces dollars pour régler ses fournisseurs américains. Elle évite ainsi de convertir les USD en EUR, puis de racheter des USD pour effectuer ses paiements.

Dans ce cas, le compte en devises peut permettre de réduire les conversions inutiles et de simplifier la gestion des flux.

Les entreprises internationales qui travaillent avec plusieurs marchés peuvent également avoir besoin de gérer simultanément plusieurs devises.

C’est notamment le cas des PME-ETI internationales, groupes disposant de filiales à l’étranger ou entreprises ayant une activité d’import-export. Elles peuvent alors utiliser plusieurs comptes ou soldes en devises pour mieux organiser leurs encaissements, leurs paiements et leur trésorerie internationale.


Comment ouvrir un compte en devises ?


L’ouverture d’un compte en devises suit généralement un processus assez simple, mais les conditions, les justificatifs demandés et les délais peuvent varier selon le prestataire, le pays de l’entreprise et les devises concernées.


Avant de choisir une solution, il faut déterminer quelles devises l’entreprise utilise réellement et pour quels flux : encaissements clients, paiements fournisseurs, dépenses locales ou gestion de trésorerie.

Il faut également vérifier si l’entreprise a simplement besoin de détenir une devise ou si elle souhaite disposer de coordonnées bancaires locales pour recevoir des paiements dans le pays concerné.

Les solutions disponibles peuvent être très différentes : banques traditionnelles, banques en ligne, néobanques ou spécialistes des paiements internationaux et du change.

Il est notamment important de comparer les devises disponibles, les coordonnées bancaires proposées, les frais de compte et de paiement, les conditions de change, les possibilités d’encaissement ainsi que le niveau d’accompagnement.

Pour une entreprise, l’ouverture implique généralement des procédures de KYC/KYB (Know Your Customer / Know Your Business).

Le prestataire peut notamment demander :

  • l’identité et les informations sur les dirigeants et bénéficiaires effectifs ;
  • les documents d’immatriculation de l’entreprise et, selon les cas, ses statuts ;
  • un justificatif d’adresse ;
  • des informations sur son activité, ses principaux marchés et ses partenaires ;
  • des éléments sur la provenance et la destination des fonds ;
  • des informations ou justificatifs concernant les volumes de transactions prévus.

Ces contrôles permettent au prestataire de respecter ses obligations réglementaires en matière de lutte contre le blanchiment, le financement du terrorisme et la fraude. Les documents demandés peuvent varier selon la juridiction, le profil de l’entreprise et le niveau de risque associé aux flux.

Une fois les vérifications terminées, le compte en devises peut être ouvert et les coordonnées bancaires correspondantes mises à disposition lorsqu’elles sont proposées par le prestataire.

L’entreprise peut alors alimenter le compte en transférant des fonds dans la devise concernée ou en effectuant une conversion depuis une autre devise.

L’ouverture du compte n’est que la première étape. Avant de l’utiliser, il est important de vérifier le coût réel des encaissements, des paiements et des conversions de devises.

Une solution peut proposer l’ouverture gratuite d’un compte en devises tout en appliquant une marge importante sur le change ou des frais sur les paiements internationaux.


L’intérêt des comptes en devises locaux


Détenir une devise étrangère est une chose. Disposer de coordonnées bancaires locales dans cette devise en est une autre. Pour une entreprise qui réalise régulièrement des opérations dans un pays étranger, cette différence peut avoir un impact important sur la simplicité et le coût de ses flux.

Par exemple, une entreprise française qui travaille avec des clients au Royaume-Uni peut disposer d’un compte en GBP avec des coordonnées bancaires britanniques et un IBAN GB. Elle peut ainsi recevoir des paiements en livres sterling sur des coordonnées locales, sans demander à ses clients britanniques d’effectuer un virement international vers un compte français.


Des coordonnées bancaires locales peuvent considérablement simplifier les encaissements dans la devise concernée.

Pour reprendre notre exemple, une entreprise française disposant d’un compte en GBP avec un IBAN GB peut être payée par un client britannique directement sur ses coordonnées locales. Selon le type de paiement utilisé, les fonds peuvent être crédités très rapidement, notamment via Faster Payments, ou le jour même via CHAPS.

À l’inverse, si le client devait effectuer un virement international, le paiement pourrait nécessiter un circuit SWIFT et prendre généralement 1 à 5 jours ouvrés, selon les établissements et le circuit utilisé.

Pour l’entreprise, disposer de coordonnées locales peut donc permettre de recevoir ses encaissements plus rapidement et généralement à moindre coût. C’est également avantageux pour le client : un paiement local est souvent moins coûteux qu’un virement international et peut être plus simple à effectuer.

Enfin, présenter des coordonnées bancaires locales peut également rassurer le client. Un client britannique peut être plus naturellement enclin à régler une entreprise française sur un IBAN GB que sur des coordonnées bancaires françaises, notamment lorsqu’il s’agit d’un paiement récurrent ou d’un montant important.

Pour une entreprise qui encaisse régulièrement dans une devise étrangère, disposer de coordonnées bancaires locales peut donc améliorer à la fois l’expérience du payeur, la rapidité des encaissements et le coût des opérations.

Les coordonnées locales peuvent également être utiles pour les entreprises qui doivent régler régulièrement des fournisseurs, prestataires ou autres partenaires dans le pays concerné.

L’entreprise peut ainsi organiser ses flux en devise locale sans nécessairement faire transiter chaque opération par son compte bancaire dans son pays d’origine.

Un compte local en devises peut enfin permettre à une entreprise de disposer de coordonnées bancaires dans plusieurs pays sans nécessairement y créer une structure juridique ou ouvrir une relation bancaire traditionnelle dans chacun de ces pays.

Cela peut être particulièrement intéressant pour les PME-ETI qui développent leur activité à l’international et ont besoin de recevoir ou d’effectuer des paiements localement.


Il faut toutefois vérifier précisément les fonctionnalités proposées : un compte en devises avec des coordonnées locales ne signifie pas nécessairement que tous les paiements locaux sont traités exactement comme ceux d’une entreprise résidente du pays. Les devises disponibles, les types de coordonnées fournies, les paiements acceptés et les conditions applicables dépendent du prestataire et de la juridiction concernée.


Combien coûte un compte en devises ?


Le coût d’un compte en devises ne se résume pas aux éventuels frais d’ouverture ou de tenue de compte. Pour une entreprise, le véritable coût dépend surtout de l’ensemble des opérations réalisées : encaissements, paiements, conversions de devises et transferts internationaux.

Les principaux coûts à comparer sont notamment :

  • les frais d’ouverture ou de mise en place ;
  • les frais de tenue de compte ou l’abonnement mensuel ;
  • les frais d’inactivité, appliqués par certains prestataires si le compte n’est pas utilisé pendant une période donnée ;
  • les frais d’encaissement, notamment lorsque les fonds proviennent de l’étranger ;
  • les frais de paiement et de transfert ;
  • les frais de conversion de devises ;
  • et surtout la marge de change appliquée au taux de conversion.


Même lorsqu’un compte en devises est présenté comme gratuit ou peu coûteux, le prestataire doit généralement se rémunérer sur les opérations réalisées. Une partie de sa rémunération peut notamment provenir du taux de change appliqué lors de la conversion des devises.

Concrètement, le prestataire peut partir d’un taux de référence ou d’un taux de marché, puis appliquer une marge de change au taux proposé au client. Cette marge n’apparaît pas nécessairement comme un « frais » distinct sur la facture : elle est directement intégrée dans le taux auquel la conversion est effectuée.

Pour comparer deux comptes en devises, il est donc essentiel de regarder le taux de change réellement proposé lors des opérations, la manière dont il est déterminé et l’écart éventuel avec un taux de référence pertinent. Plus les volumes convertis sont importants, plus quelques points de base sur le taux peuvent représenter un coût significatif.

Le bon réflexe est donc de comparer le coût total de la conversion et pas uniquement les frais affichés.


Quelle solution choisir pour ouvrir un compte en devises ?


Il existe aujourd’hui plusieurs types de solutions permettant à une entreprise de détenir et de gérer des devises : banques traditionnelles, banques en ligne, néobanques et spécialistes des paiements internationaux et du change. Le meilleur choix dépend surtout du profil de l’entreprise, de ses volumes et de la complexité de ses flux.


Les banques traditionnelles restent une solution adaptée aux entreprises qui souhaitent centraliser leurs services financiers auprès d’un établissement bancaire avec lequel elles entretiennent déjà une relation.

Elles peuvent notamment être pertinentes pour les entreprises ayant des besoins importants en financement, en trésorerie ou en services bancaires complémentaires.

En revanche, pour les entreprises réalisant des volumes significatifs en devises, il est important de comparer attentivement les frais, les conditions de change et le niveau d’accompagnement, qui peuvent varier fortement d’une banque à l’autre et rester parfois beaucoup plus onéreux qu'une solution spécialisée.

Les banques en ligne et néobanques proposent généralement une expérience plus digitale, avec une ouverture de compte simplifiée et des outils permettant de gérer plusieurs devises depuis une même interface.

Des solutions comme Revolut Business ou Wise Business peuvent notamment convenir aux entreprises qui recherchent avant tout simplicité, autonomie et gestion digitale des devises, notamment pour des volumes faibles à intermédiaires.

Leur modèle peut toutefois être moins adapté lorsque l’entreprise réalise des volumes importants, nécessite des opérations plus complexes ou recherche un accompagnement humain spécialisé sur le change.

Les spécialistes du change et des paiements internationaux, comme Devyzz, s’adressent davantage aux entreprises dont les flux en devises représentent un véritable enjeu financier ou opérationnel.

Ils peuvent notamment proposer :

Cette catégorie peut être particulièrement pertinente pour les PME-ETI, importateurs, exportateurs, groupes internationaux ou entreprises réalisant plusieurs centaines de milliers ou plusieurs millions d’euros de flux en devises.

Le bon choix ne dépend donc pas uniquement du nombre de devises disponibles ou du prix affiché pour l’ouverture du compte. Il faut notamment comparer :

  • les devises réellement disponibles pour vos besoins ;
  • la possibilité d’obtenir des coordonnées bancaires locales ;
  • les conditions d’encaissement et de paiement ;
  • les frais fixes et les frais de transaction ;
  • le taux de change réellement appliqué ;
  • les possibilités de négociation lorsque les volumes augmentent ;
  • les solutions de couverture du risque de change ;
  • les intégrations avec vos outils financiers ;
  • et surtout le niveau d’accompagnement humain dont votre entreprise a besoin.

Une entreprise réalisant quelques paiements en devises par an n’aura pas nécessairement besoin du même niveau de service qu’une PME qui réalise plusieurs millions d’euros de flux internationaux.

Le meilleur compte en devises est donc celui qui offre le meilleur équilibre entre coût, fonctionnalités, flexibilité et accompagnement compte tenu des flux réels de votre entreprise.


Faut-il convertir immédiatement l’argent reçu sur son compte en devises ?


Non, pas nécessairement. L’intérêt d’un compte en devises est justement de permettre à l’entreprise de recevoir des fonds dans une devise étrangère sans devoir les convertir immédiatement en euros.

Le bon choix dépend principalement de l’utilisation prévue des fonds, des besoins de trésorerie et de l’exposition de l’entreprise au risque de change.


Lorsqu’une entreprise reçoit une devise dans laquelle elle doit elle-même effectuer des paiements, il peut être pertinent de la conserver.

Par exemple, une entreprise française qui reçoit 500 000 USD de ses clients américains et doit ensuite régler 300 000 USD à ses fournisseurs américains peut utiliser directement une partie des dollars reçus pour effectuer ses paiements.

Elle évite ainsi une double conversion :

USD → EUR → USD

et les coûts de change associés.

À l’inverse, si l’entreprise n’a pas de dépenses dans la devise reçue et qu’elle a besoin de liquidités en euros, une conversion peut être pertinente.

Le moment de la conversion peut alors avoir un impact sur le montant finalement obtenu en euros. Attendre une évolution favorable du marché peut sembler intéressant, mais cela revient aussi à conserver une exposition au risque de change.

Il ne faut donc pas confondre gestion de trésorerie et spéculation sur les devises.

Pour les entreprises qui reçoivent régulièrement des montants importants en devises, la décision de convertir ou non peut faire partie d’une véritable stratégie de gestion du risque de change.

L’entreprise peut notamment :

  • convertir immédiatement tout ou partie des fonds ;
  • conserver la devise pour couvrir des paiements futurs ;
  • convertir progressivement ;
  • ou mettre en place une couverture de change lorsque l’exposition future le justifie.

Il n’existe donc pas de « meilleur moment » universel pour convertir une devise. La décision doit surtout dépendre des flux futurs de l’entreprise, de ses besoins de trésorerie et du niveau de risque qu’elle souhaite conserver.

Un compte en devises donne justement à l’entreprise la possibilité de choisir quand convertir, plutôt que de subir une conversion automatique au moment de chaque encaissement.


Compte en devises : comment gérer le risque de change ?


Détenir des fonds en devises permet à une entreprise de mieux gérer ses flux internationaux, mais cela ne supprime pas le risque de change. Tant qu’une devise étrangère reste détenue sur le compte, sa valeur exprimée en euros peut évoluer avec le marché.

Pour une entreprise qui détient régulièrement des montants importants en USD, GBP, CHF, CNY ou dans d’autres devises, ces variations peuvent avoir un impact direct sur la trésorerie, les marges et la rentabilité.


La première étape consiste à déterminer quelles devises l’entreprise détient, pour quels montants et pendant combien de temps, mais aussi quels encaissements et paiements futurs sont prévus dans ces devises.

Une entreprise qui reçoit des USD et doit prochainement payer ses fournisseurs en USD n’a par exemple pas la même exposition qu’une entreprise qui reçoit des USD mais doit convertir l’intégralité de ses encaissements en EUR.

Lorsque l’exposition est significative, l’entreprise peut utiliser différentes solutions de couverture, notamment des contrats à terme vanilles ou dynamiques.

L’objectif est de réduire l’incertitude sur le taux de conversion futur et de donner davantage de visibilité à la trésorerie.

La couverture peut être totale ou partielle et peut être adaptée à la nature et à la prévisibilité des flux.

Une entreprise peut être tentée d’attendre un taux plus favorable avant de convertir les fonds détenus sur son compte en devises. Mais conserver une devise revient à conserver une exposition au marché.

La gestion du risque de change ne consiste donc pas nécessairement à essayer de prévoir l’évolution de l’EUR/USD ou de l’EUR/GBP. Elle consiste surtout à déterminer quel niveau de risque l’entreprise est prête à accepter et comment le maîtriser.


Comment comptabiliser un compte en devises ?


Un compte en devises doit être intégré à la comptabilité de l’entreprise comme les autres comptes bancaires, mais les opérations réalisées dans une devise étrangère nécessitent de tenir compte de leur conversion en euros pour les besoins des états financiers.


Lorsqu’une entreprise reçoit ou paie des fonds en USD, GBP, CHF ou dans une autre devise, l’opération est enregistrée dans la devise concernée et valorisée en euros selon le taux de change applicable à la date de l’opération, conformément aux règles comptables applicables.

Le compte bancaire en devises constitue ainsi un compte de trésorerie, mais sa contre-valeur en euros peut évoluer avec les fluctuations du taux de change.

À la clôture de l’exercice, le solde du compte en devises doit être converti en euros au taux de change applicable à la date de clôture.

Cette réévaluation peut faire apparaître un écart entre la valeur comptable précédente du compte et sa nouvelle contre-valeur en euros. Cet écart correspond à un écart de conversion lié à l'évolution du taux de change.

Il est important de distinguer cette réévaluation des éventuels gains ou pertes de change réalisés lors d'une conversion effective de la devise.

Une entreprise détient 100 000 USD sur son compte en devises.

Si ces dollars avaient initialement été valorisés à un taux de 1 USD = 0,90 EUR, leur contre-valeur comptable était de 90 000 €.

Si, à la clôture, le taux est de 1 USD = 0,85 EUR, les mêmes 100 000 USD ne représentent plus que 85 000 €.

Le nombre de dollars détenus n’a pas changé, mais leur contre-valeur en euros a diminué en raison de l’évolution du taux de change. Cette différence doit être traitée selon les règles comptables applicables aux opérations en devises.

Les modalités précises de comptabilisation peuvent notamment dépendre du référentiel comptable utilisé et de la nature des opérations concernées. Pour une clôture comptable ou une situation complexe, il est donc recommandé de valider le traitement avec son expert-comptable.


Compte en devises : quel niveau de sécurité pour vos fonds ?


Ouvrir un compte en devises auprès d’une Fintech ne signifie pas nécessairement que les fonds sont moins sécurisés que dans une banque traditionnelle. Le niveau de protection dépend surtout du statut réglementaire du prestataire, de la manière dont les fonds des clients sont conservés et du cadre juridique applicable.

Il est donc important de distinguer une banque, qui peut détenir les dépôts de ses clients dans son propre bilan, d’un établissement de paiement ou de monnaie électronique, qui doit généralement appliquer des mécanismes de protection spécifiques aux fonds de ses clients, notamment leur ségrégation ou leur cantonnement selon le cadre réglementaire applicable.

Avant d’ouvrir un compte en devises, une entreprise doit donc notamment vérifier :

  • quel est le statut réglementaire du prestataire ;
  • quelle entité juridique porte le compte ;
  • dans quelles conditions les fonds sont conservés et protégés ;
  • quelle réglementation s’applique aux fonds détenus ;
  • et quelles garanties ou protections sont prévues en cas de défaillance du prestataire.

Le terme « Fintech » ne suffit donc pas à déterminer le niveau de sécurité d’un compte. Deux prestataires proposant un compte en devises peuvent avoir des statuts réglementaires, des mécanismes de protection et des niveaux de risque très différents.


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Avec Devyzz, les entreprises peuvent ouvrir des comptes en devises et gérer leurs encaissements, paiements et conversions depuis une même solution, avec l’accompagnement d’experts du change.


Devyzz permet aux entreprises de disposer de comptes nominatifs dans plus de 30 devises, avec des coordonnées bancaires locales disponibles dans plusieurs pays.

Vous pouvez ainsi, selon les devises et les pays concernés, recevoir des paiements localement, conserver vos fonds dans leur devise d’origine et effectuer vos propres règlements sans conversion systématique en euros.

L’ouverture d’un compte en devises n’a d’intérêt que si les conversions sont réalisées dans de bonnes conditions.

Devyzz vous permet de bénéficier de conditions de change adaptées à vos volumes, avec un taux communiqué avant chaque opération. Vous gardez ainsi la maîtrise du moment où vous convertissez vos devises et du coût réel de vos opérations.

Au-delà du compte, Devyzz met à votre disposition un interlocuteur dédié et des experts de la salle des marchés pour vous accompagner dans la gestion de vos flux en devises.

Selon vos besoins, vous pouvez également accéder à des solutions de couverture du risque de change, notamment pour sécuriser vos coûts futurs ou protéger vos marges.

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FAQ : comptes en devises


Le délai dépend du prestataire, du pays d’immatriculation de l’entreprise, des devises demandées et des vérifications réglementaires nécessaires.

Lorsque le compte nécessite une procédure complète de vérification KYC/KYB, l’ouverture peut prendre quelques jours, notamment si des justificatifs complémentaires sont demandés.

À l’inverse, si vous disposez déjà d’un compte auprès d’un prestataire proposant des comptes en devises, une nouvelle devise peut parfois être activée en quelques secondes et directement depuis votre espace client, sans nouvelle procédure d’ouverture complète.

Pas nécessairement. Certains prestataires proposent des comptes en devises sans frais fixes, tandis que d’autres appliquent des frais d’ouverture, de tenue de compte ou d’abonnement.

Il faut surtout regarder le coût global de la solution, notamment les frais d’encaissement et de paiement ainsi que la marge appliquée sur les conversions de devises. Un compte annoncé comme « gratuit » peut ainsi rester coûteux à utiliser.

Il faut communiquer au payeur les coordonnées bancaires correspondant à la devise et au type de paiement utilisé : IBAN, BIC/SWIFT ou autres coordonnées locales selon le pays.

Si le compte dispose de coordonnées bancaires locales, le payeur peut généralement effectuer un paiement dans la devise concernée comme il le ferait vers un compte local. Il est important de vérifier au préalable les devises et types de paiements effectivement acceptés par le prestataire.

Cela dépend notamment du pays de résidence fiscale du titulaire du compte et du pays dans lequel le compte est considéré comme détenu. Pour une entreprise française, les obligations déclaratives peuvent notamment dépendre de la nature du compte, de l’établissement qui le fournit et de sa localisation.

Les règles fiscales pouvant varier selon la situation, il est recommandé de vérifier les obligations applicables auprès de l’administration fiscale ou d’un professionnel.

Pour une entreprise, le prestataire demande généralement des documents permettant de vérifier l’identité de l’entreprise, ses dirigeants et bénéficiaires effectifs ainsi que son activité et ses flux.

Il peut notamment s’agir d’un extrait d’immatriculation, des statuts, des pièces d’identité des dirigeants ou bénéficiaires effectifs, d’un justificatif d’adresse et, selon les cas, de documents permettant de justifier l’origine ou la destination des fonds.

Oui, si le compte permet de détenir la devise reçue. Une entreprise qui reçoit des USD peut par exemple conserver ses dollars sur un compte libellé en dollars, et les utiliser ultérieurement pour payer un fournisseur en USD ou les convertir en EUR lorsqu’elle le souhaite.

Cela permet notamment d’éviter une conversion automatique au moment de l’encaissement.



Cet article a été rédigé par un expert Devyzz, avec plus de 10 ans d’expérience sur les marchés des devises. Devyzz est une FinTech spécialisée dans les paiements internationaux et la gestion du risque de change pour les PME et ETI.

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